Kris De Clercq
• Contrôleur financier
• Diagnostic de diabète à 41 ans
• Cycliste passionné
Kris s’est vu diagnostiquer le diabète à l’âge de 41 ans. « On qualifie parfois le diabète de type 1 de diabète juvénile. (rires) Mais de là à dire que quelqu’un de 41 ans est jeune… Au début, je gardais mon diabète pour moi. Je ne voulais pas être étiqueté comme tel, je ne voulais pas que ma maladie me définisse. »
« J’ai consciemment adopté un mode de vie plus sain : beaucoup de légumes, beaucoup de poulet, peu de glucides. Je me rendais déjà au travail à vélo quand le temps le permettait : 18 kilomètres à l’aller, 18 au retour. Après mon diagnostic, j’ai encore intensifié ma pratique sportive. Cela m’a aidé à mieux contrôler ma glycémie. »
Une randonnée à vélo en 2022 a marqué un tournant pour Kris. « J’ai roulé avec des membres de la communauté de Diabetes Liga de Gand jusqu’au col du Galibier pour y participer à Climbing For Life. 1 000 kilomètres, 10 000 mètres de dénivelé. L’hôtel au sommet était donc rempli de personnes diabétiques. Tout le monde portait une pompe ou s’injectait de l’insuline. Personne n’en avait honte. Cela a complètement changé mon regard. Pourquoi se cacher pour s’injecter de l’insuline ? Quand on a mal à la tête, on prend bien un comprimé sans y penser. Depuis ce jour-là, j’ai commencé à parler ouvertement de mon diabète. »
Kris doesn’t share food
Entre-temps, Kris s’est constitué un palmarès impressionnant. Il a gravi le Stelvio, le Gavia et le Mortirolo, trois cols alpins italiens légendaires, en une seule journée. Il a participé à La Marmotte, comparable à une étape de montagne extrêmement difficile du Tour de France. Plus tard cette année, un tour du lac Vättern en Suède est au programme : 315 kilomètres.
« Depuis mon diagnostic, les choses ont un peu… pris de l’ampleur. Mon épouse me prend pour un fou. (rires) Mais le sport m’aide à stabiliser ma glycémie. J’espère aussi que cela réduira le risque de complications plus tard.
Pour ne rien gâcher, mon poids reste sous contrôle. Vous connaissez l’épisode de Friends : Joey doesn’t share food ? Eh bien, c’est tout à fait moi. J’adore manger. Grâce au sport, je peux tout de même me faire plaisir de temps en temps, sans que ma glycémie parte dans tous les sens. »
« Je fais souvent du sport avec d’autres personnes qui vivent avec un diabète. Nous échangeons nos expériences, nous nous inspirons, nous nous entraidons. C’est aussi plus sûr. Nous connaissons tous très bien le diabète : nous en identifions les signaux et pouvons réagir à temps si quelqu’un, dans le groupe, a besoin de sucre en urgence ou doit faire une pause. »
L’esprit clair
Le sport aide aussi Kris sur le plan mental. « Une hypoglycémie ne rend pas heureux. On peut devenir irritable, tout nous touche plus fortement. C’est épuisant de devoir constamment garder l’équilibre et maintenir son taux de glucose dans la zone verte. Ça génère du stress. Le sport me permet de garder l’esprit clair. Je sais que mon diabète est toujours là et qu’il le sera toujours. Mais c’est moi qui décide comment je le gère. »