Menu Fermer

Fabrice Castermans

• Chargé de compte
• Vit avec un diabète de type 1 depuis 35 ans
• Passionné de cyclisme et fier papa

« J’ai reçu le diagnostic à l’âge de 6 ans. J’avais fait un test urinaire, le médecin traitant a goûté avec son doigt et a immédiatement dit : diabète. (rires) C’est comme ça qu’on faisait encore à l’époque. Une expérience particulière que je n’ai toujours pas oubliée, trente ans plus tard. Aujourd’hui, on vous remet un dossier avec des instructions ; à l’époque, j’ai passé 21 jours à l’hôpital. »

 

« Lors des fêtes d’anniversaire, je ne pouvais pas manger ce que je voulais. Mais je ne garde pas le souvenir d’une enfance marquée par de grandes difficultés ou des restrictions. Ma mère en a sans doute davantage souffert. Mon père, chauffeur routier, était souvent sur la route ; c’est elle qui gérait tout pour moi. »

 

« Ce qui m’a en revanche profondément marqué, c’est le choc à mes seize ans. Mon meilleur ami et moi avions un rêve : entrer dans l’armée. Mais la visite médicale à Neder-Over-Heembeek n’a duré que quelques minutes. Diabète ? À l’époque, cela signifiait : refus automatique. Je me suis alors tourné vers la police. Même réponse : impossible avec un diabète. Je le comprends sur le plan rationnel : une hypoglycémie sur le terrain peut vous exposer au danger. Mais sur le moment, j’étais anéanti. Et cette déception m’a longtemps hanté. »

 

Tirer un trait sur les préjugés et les malentendus

 

Qu’a appris Fabrice de son diabète ? « L’autonomie et la capacité à me débrouiller seul. Lorsque l’on reçoit un tel diagnostic à un si jeune âge, on apprend vite à se connaître. Je sais, par exemple, que même installer une prise électrique pendant mes travaux de rénovation peut faire chuter ma glycémie, simplement à cause de la concentration. Et quand j’ai un rhume, je sais que mes valeurs peuvent partir dans tous les sens. »

 

« La méconnaissance du diabète reste importante chez de nombreuses personnes. On pense encore souvent que le diabète signifie qu’on ne peut rien manger. Il arrive encore que certains pointent du doigt quand je mange quelque chose de sucré. J’explique alors ce qu’est réellement le diabète. C’est aussi pour ça que je choisis de m’exprimer : pour tordre le cou aux idées reçues et aux malentendus. Nous avons déjà parcouru un long chemin. Lors des festivals d’été, je vois aujourd’hui beaucoup de personnes porter un

capteur de glucose : on ne le cache plus.  »

 

« Les échanges avec d’autres personnes qui vivent avec un diabète m’apportent énormément. Comme la maladie est souvent invisible, son impact reste parfois difficile à comprendre. Se sentir compris, dans son corps comme dans sa tête, est profondément apaisant. La transparence est essentielle. »

 

Aucun frein à vos rêves

 

L’impact mental du diabète ne doit pas être sous-estimé, souligne Fabrice. « Je vis avec le diabète depuis plus longtemps que sans et j’ai accepté ce diagnostic. Mais depuis que je suis devenu père, une autre dimension s’est ajoutée. Je veux voir mes enfants grandir, je veux vieillir en bonne santé. C’est aussi la raison pour laquelle je fais beaucoup de sport, même si les travaux de rénovation ont momentanément ralenti le rythme. »

Le diabète ne freine pas
tes perspectives d'avenir ni
tes rêves.

« La technologie aide à rester en bonne santé, aujourd’hui comme demain. Je contrôle mieux mes valeurs, les pics et les creux sont moins marqués. La recherche avance en permanence. Cela donne de l’espoir. »

 

« Mon diabète ne disparaîtra pas. Mais je n’en ai pas honte et je ne le laisse pas diriger ma vie. Ne pas pouvoir intégrer l’armée a, bien sûr, été difficile. Mais il y a tant de choses que je peux faire. Le diabète ne met aucun frein à mes perspectives d’avenir ni à mes rêves. »