Jimmy Minet
• Professeur de français dans l’enseignement secondaire
• Vit avec le diabète de type 1 depuis 16 ans
• Coureur passionné (alias le Forrest Gump belge) et fier papa
Jimmy vit avec un diabète de type 1 depuis 2010. Professeur de français dans l’enseignement secondaire et coureur passionné, il a plus de 20 marathons à son actif. On le surnomme le Forrest Gump belge. Mais ce qu’il veut partager aujourd’hui, c’est moins ses performances que ce que le diabète lui a vraiment appris.
Le diagnostic
« J’avais 26 ans lorsque le diagnostic est tombé. J’étais en vacances avec mon épouse. Je buvais sept à huit litres par jour, je perdais du poids, ma vue se troublait. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.
Puis le verdict est tombé : j’étais atteint de diabète de type 1. Une maladie que je connaissais peu. Dans ma tête, j’associais surtout le diabète aux piqûres, qui étaient ma phobie. Tout d’un coup, il allait falloir apprendre à vivre avec cette réalité. J’ai dû écouter mon corps différemment, comprendre ses signaux, réorganiser mon quotidien. »
Le sport, mon équilibre
« Ma première réaction a été de tout contrôler, mon alimentation surtout. Je m’imposais une rigueur absolue. Ça n’a pas duré.
C’est là que j’ai compris que la discipline seule ne suffisait pas. Il me fallait autre chose. Vers 2014, le sport est entré dans ma vie, petit à petit, presque naturellement. Depuis le 1er mars 2020, je cours tous les jours. Cette régularité a tout structuré : mes journées, mon énergie, ma gestion du diabète. Lors de mes footings, je trouve le calme et mes meilleures idées. C’est même là que je prépare mes cours. »
La technologie comme alliée
« Pendant longtemps, l’idée d’utiliser un capteur de glycémie ne m’attirait pas vraiment. Je préférais les contrôles au doigt. J’avais, d’un côté, la peur de la douleur et de l’autre, la crainte du regard des autres : porter un capteur visible sur le bras, ça ne me semblait pas anodin.
C’est en préparant les 24 h d’Ath en solo, en 2023, que les choses ont changé. Courir 24 heures d’affilée sans pouvoir surveiller ma glycémie en temps réel était trop compliqué. J’ai constaté que je ne parvenais pas à me gérer suffisamment sans suivi continu. J’ai donc décidé d’essayer. Et à ma grande surprise, je n’ai rien senti. Le dos du bras est une zone où l’on a peu de sensations. Mes craintes étaient bien plus grandes que ce que j’ai vécu. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. »
Aller de l’avant en toute confiance
« Avec le capteur de glycémie, j’ai gagné en sérénité. Mais le quotidien avec le diabète reste exigeant. La fatigue liée aux variations glycémiques, les changements d’horaires qui demandent une réorganisation constante, ce sont des réalités avec lesquelles je compose encore. La différence, c’est qu’avec les années, j’ai appris à connaître mes réactions. Je sais quels leviers actionner. Je ne panique plus.
Une phrase entendue très tôt m’a marqué. Mon directeur, en apprenant mon diagnostic, m’avait dit : “Le diabète, ce n’est pas grave. J’ai un ami diabétique qui court des marathons.” Cette phrase m’est restée. Peut-être a-t-elle un rôle dans ma motivation sans que je m’en rende compte ?
Il y a encore beaucoup d’idées reçues sur le diabète de type 1. En parler est essentiel. Cette maladie fait partie de mon parcours et, d’une certaine façon, elle m’a conduit là où je suis aujourd’hui. »