Camille Vandekeybus & Jonathan Claeys
• Psychologue et représentant
• Vivent respectivement avec le diabète de type 1 depuis 6 et 25 ans
• Couple enthousiaste actuellement en pleine rénovation
Jonathan et Camille se connaissent depuis les scouts. Ils sont en couple depuis sept ans et demi. Le diabète fait partie de la vie de Jonathan depuis l’enfance. Depuis quelques années, il s’est aussi invité dans celle de Camille. « J’avais des symptômes depuis un moment. C’est la maman de Jonathan qui a été la première à soupçonner un diabète. Le lendemain, j’ai fait une prise de sang et j’étais à l’hôpital le soir même. Pour d’autres maladies, on rentre chez soi après le traitement en étant guéri. Avec le diabète, on apprend à devenir un peu son propre médecin. C’est un aspect que j’ai trouvé difficile. »
Le diagnostic de Camille a aussi changé quelque chose pour Jonathan. « Je vivais avec le diabète depuis si longtemps que j’avais tendance à le relativiser. Je faisais mon injection d’insuline et c’était tout. Avec Camille, j’ai pris conscience de l’ampleur de son impact. J’ai compris que le diabète n’a rien d’anodin. Et que je ne devais pas non plus le banaliser. J’ai regretté de l’avoir toujours pris à la légère, car cela donnait une image faussée du diabète autour de moi. »
Réveillés par l’alarme de l’autre
Un couple, deux cas de diabète. Avec quel impact au quotidien ? « Il y a bien sûr des problèmes pratiques », explique Jonathan. « Si nous avons tous les deux une hypoglycémie en voiture, nous devons nous arrêter sur le bord de la route. Nos travaux de rénovation sont parfois interrompus parce que nous avons tous les deux un taux de glucose trop bas. Et la nuit, nous sommes réveillés par l’alarme de l’autre. Mais toutes ces choses nous ont aussi rapprochés. »
« Nous sommes tous les deux diabétiques, mais nous ne gérons pas cela exactement de la même manière », ajoute Camille. « Il y a des moments où nous nous appuyons très fortement l’un sur l’autre. J’ai dû apprendre à ne pas trop projeter mes propres inquiétudes sur Jonathan, à ne pas me précipiter avec cinq biscuits dès que son taux de glucose est trop bas. Parfois, nous devons nous laisser un peu d’espace. »
« Au fil du temps, nous avons appris ce dont chacun a besoin, en en parlant énormément. Je pense que cela nous a aussi aidés à mieux communiquer sur d’autres sujets. Nous savons ce
que l’autre ressent. Un conjoint qui ne vit pas avec un diabète ne peut jamais le comprendre totalement. »
Une voix et un soutien pour les personnes atteintes de diabète
Camille et Jonathan ont lancé ensemble une page Instagram – @teamdiabetest1 – sur laquelle ils partagent leur quotidien avec le diabète. « Après mon diagnostic, j’ai été frappée par le manque de connaissances sur le diabète », explique Camille. « Quand je m’injectais de l’insuline, on me disait : “Waouh, moi je ne pourrais jamais faire ça. » Comme si j’avais le choix. Une fois, quelqu’un m’a même demandé si le diabète était contagieux. Les gens ne veulent pas mal faire, mais en plus de mes propres doutes, ces réactions pouvaient être vraiment blessantes. Sur Instagram, je veux contribuer à faire tomber les préjugés. »
Tout est possible, c'est ce que
nous voulons faire passer.
Jonathan souligne qu’ils souhaitent aussi inspirer d’autres personnes qui vivent avec un diabète. « Nous recevons régulièrement des messages de personnes qui nous remercient pour notre transparence. Notre objectif est surtout de montrer que le diabète est toujours présent, mais qu’il ne doit pas limiter votre vie. Sur notre Instagram, on voit nos voyages, nos repas, notre sport. Tout reste possible et c’est le message que nous voulons transmettre. »
« Les premières années après mon diagnostic ont été très difficiles », conclut Camille. « Les échanges avec la psychologue spécialisée dans le diabète m’ont beaucoup aidée. Aujourd’hui, j’ai retrouvé ma joie de vivre. Je peux dire : ‘Je suis Camille et le diabète n’est qu’une facette parmi d’autres de qui je suis.’ Le diabète ne définit pas mon identité. Si nos abonnés ne retenaient ne fut-ce que cela, j’en serais très heureuse. »